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- 11 mars 2008 15:13
par
Apollinaire Wantina

- L’arbre chronologique
Il me paraîtrait gênant de reconnaître les influences que j’ai reçues de certains artistes, surtout lorsqu’on remarque la façon dont on appose quelques fois l’art contemporain avec celui de nos devanciers.
Parmi lesquels nombre de nos professeurs qui nous ont inculqués pendant de nombreuses années des notions, des façons d’envisager le travail artistique, de manipuler les matières. Comment renier ce qu’on a pu aimer, ce à quoi on s’est identifié, même si comme l’indique la science, lors d’une réaction, « rien ne se perd, rien ne se gagne, tout se transforme ».
Je ne suis pas issu d’une génération spontanée, et ce travail se veut le témoignage de mon parcours, et toutes les rencontres que j’y ai faites sont autant de ports d’attaches, de marquages, et fonde aujourd’hui la nature et la complexité de mon expression.
De MUKALAY NGOIE LUAMBA qui fut mon premier encadreur dans l’atelier de peinture à l’Institut des Beaux- Arts de Kinshasa aux professeurs de l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg , avec qui j’ai eu des conversations enrichissantes sur la perception actuelle du fait artistique, en passant par le peintre Roger BOTEMBE MIMBAYI LITA dont l’œuvre dont par ses aspect de matières marqua sensiblement ma pratique alors que j’étais en graduat à l’Académie de Beaux-Arts de Kinshasa, mon œuvre a subit plusieurs métamorphoses.
Je ne manquerai pas au passage d’évoquer des noms comme ceux d’artistes que j’ai rencontrés en Europe depuis mon premier voyage que j’y ai effectué en 2006.
Au travers des ouvrages j’ai aussi visité les galeries d’arts et musées de la Suisse (Muséum of Bern) et de le France( Centre POMPIDOU, Palais de Tokyo,musée de louvre etc..) avec d’autres artistes qui aujourd’hui sont mes références et amis, par-delà le temps et la géographie. Je citerai pêle-mêle : Jean Michel BASQUIAT, Pascal Marthine TAYOU,Francis MAMPUYA, Robert RAUSCHENBERG, Georg BASELITZ, IBRAHIMA dit Ass M’BEGUE, Dominique ZINKPE.
A la manière d’un « arbre chronologique », sans prétention à l’exhaustivité, je vais évoquer certains noms et certains dates, en oubliant d’autres, sans doute important aussi. Cette brève étude n’étant que le commencement le commencement d’une quête plus aboutie.
Pour aborder de façon claire et simple cette étude, je l’ai divisé en petites sections suivies d’une brève conclusion.
1-L’ecole primaire
2-L’ecole secondaire
3-L’enseignement supérieur
4-Rencontres et voyages
5-Le librisme
6-L’espace Akhenaton
7-La critique d’Art
1- L’école primaire (1984-1990)
Je manifesté de puis l’enfance une grande inclination à l’égard du dessin. A l’école primaire que j’effectué dans ma région natale, j’étais souvent appelé de classe en classe pour dessiner des cartes géographiques et les dessins d’anatomie sur le tableau noir. J’acquiert un certains succès auprès de mes amis, lesquels me demandent souvent les aider à faire leur devoir de dessin, en leur lieu et place. Et le succès leur est garanti par ma main.
(Je suis né le 11 avril 1978 à Kimpese dans la province du Bas Congo, en République Démocratique du Congo)
2-L’école secondaire
( IMAK, ISB, ITC- Bumbu et Institut des Beaux-Arts 1991-1998 )
J’ai obtenu mon certificat d’études primaires en 1990.J’avais douze ans quand mes parents quittent le Bas Congo pour s’installer à Kinshasa où j’entreprends sans grand succès des études secondaires d’abord à l’Institut Makelele puis à l’Institut Salongo de Bandalungwa, l’Institut Technique Commerciale de Bumbu, mais dans toutes ces écoles il n y avais aucune place pour moi avant de choisir enfin l’Institut des Beaux- Arts qui semble mieux correspondre à ma vocation. J’y suis l’élève du peintre Mukalay, lequel m’initier entre autres au sablage, du grattage et de la stylisation. (Il est à noter que Mukalay pratique une forme typique de stylisation et l’enseigne tout naturellement à ses élèves). Par ailleurs, une place importante est faite à l’art traditionnel (Masque, statuettes et signes de l’art ancestral) dans l’enseignement secondaire.
3-L’enseignement supérieur
(IST / ABA de Kinshasa et ESAD /Strasbourg 2002-2008)

- Dis nos ors
- la tête d’un dinosaure, le debut du RENDISME, troisième pièrre peinte en 2002
En première année de peinture j’étais l’étudiant de Henry KALAMA lequel me frappe surtout par sa qualité de pédagogue. S’il n’influence pas directement ma pratique, ses conseils sur l’usage des couleurs sont d’une importance inestimable. De plus, il oriente ma création en choisissant parmi mes projets ceux qui attirent son attention ; il en refuse d’autres. Pour illustrer voici une anecdote : un jour, Henry critiqua un de mes tableaux de peintures qui était tout sombre, mais je persistais à m’y attacher et je le peigné et après le présenté au jury au milieu d’autres œuvres sans que l’attitude de l’enseignement en fut changé. Quelque temps plu tard, pourtant, lors d’un concours, non seulement je fus celui qui vendit le plus de tableaux permis lesquels celui qu’il critiqua d’avoir utilisé une couleur café dans la toile, bien plus, on me demanda de reproduire le tableau en question. Autant dire que Henry, comme tout le monde, tout le monde pouvait bien se tromper.

Il est à noter, par ailleurs, qu’à ce concours je tenais une position meilleure que celle de mes profs.
Botembe, quant à lui à été mon professeur en deuxième et troisième graduat, première et deuxième licence.
J’appréciai le relief de ses toiles dès avant mon inscription à l’Institut des Beaux-Arts de Kinshasa,la force expressive de ses coups de couteau que j’essayais d’imiter dans mes propres toiles en utilisant la farine de froment en guise de volume. Et j’étais très fier quand il m’arrivait d’approcher dans mes travaux de semblable effets de matières
Les signes et symboles de l’art traditionnels très en vigueur dans les habitudes des étudiants à l’école m’ont marqué au point que je me suis mis plu tard à une forme innovante des symboles a partir d’une conversation faite avec Jean Christophe LANQUETIN en 2002 au sujet de l’art africain (Masques,statuettes et symboles), je me souviens à l’époque lorsque j’exposé mes papiers et cartes postales dans les deux salles d’exposition de l’académie des Beaux-Arts, trop des critiques sur le mal utilisation des symboles africains, m’à poussé à la création de mes propres symboles que je maîtrise bien jusqu’aujourd’hui, ensuite va arriver l’innovation d’une écriture que je nomme simplement l’ « écriture codée » que j’utilise parfois pour garder en secret mes projets artistiques.
J’avais effectué, par ailleurs, mon stage à l’atelier DISUNDI qui est sculpteur, mais j’ai reçu l’encadrement de l’artiste peintre N’shole et j’ai sans doute étais marqué par sa façon particulière d’appliquer la couleur. A un moment, suite à la remarque de certains amis qui découvraient quelques airs de famille entre mes œuvres et celles de Botembe et de N’shole, je dus consentir à suivre un chemin plus personnel. Mais les influences on ne les efface pas. On les assimile, elles nous constituent et se transforme avec le temps- et le talent.
Ainsi en a-t-il des été des silhouettes anonymes et inachevées que je traçais spontanément sur mes toiles et qui rappelaient à certains le travail de Francis Mampuya dont je visitais souvent au centre culturel français, je me rappelle que dans une galerie d’art en suisse précisément à Zurich je fus étonné de voir la sculpture de JOSEPHSON qui s’emblait traduire la même vision. Je me suis mis, sur cet exemple, à faire de la recherche de personnage au stylo jusqu’à aboutir sur un genre particulier que je figure dans mes peintures actuellement.
La présence de crânes dans certaines de mes œuvres pourrait quant à elle, évoquer l’atrocité des génocides à l’Est du Congo.
4- Rencontres et voyages
Il y a quelques artistes que j’ai rencontrés dont l’influence n’est pas à situer dans le cadre de travaux pratiques mais de la pensée ou de la manière de s’exprimer au sujet d’un travail artistique.
C’est le cas de Pascal Marthine TAYOU, artiste camerounais que j’ai rencontré en 2002 à Kinshasa lors de son passage à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, c’est aussi le cas de Francis MAMPUYA, Gastineau MASSAMBA MBONGO, Pitsho MAFOLO,Bill KOUELANY et bien d’autres.
Visiter les ateliers des artistes suisse et français comme Martin BLUM, Dunja HERZOG, René TRUBEL, GERARD dit Gégé, Patrice CADIOU, Sergio ZENOU etc.…a été une expérience enrichissante, naturellement. Il y a en effet une grande différence entre des contacts par Internet et des échanges concrets dans un atelier ou le dialogue direct et le contact sensible des êtres et des choses revêtent une importance inestimable.
A Kinshasa, une telle ambiance d’échange a été « possible » entre autres grâce à la collaboration du collectif « Eza Possibles » avec lequel j’ai cheminé dans le cadre de la pièce « Congo ya sika » (un Congo nouveau), consistant en une performance sur plusieurs endroits dont le boulevard du 30 juin, le jardin botanique et l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information (IFASIC) et portant sur des problématiques liées à la guerre, les maladies, les difficultés de transport au Congo.
5- Librisme Synergie (2002)
Le librisme en tant que mouvement installait une atmosphère tout nouvelle de liberté qui s’opposait à l’Académisme. Rappelons qu’à l’origine le librisme est fondé de Germain KAPEND, Eddy MASSUMBUKU et Francis MAMPUYA qui le co- fondent en 1996. En 2002, autour du même Francis Mampuya, une nouvelle génération dont font partie les artistes Vitshois Mwilambwe, Apollinaire Wantina, Hamidou Elebe, Patrick Tankama, José Kitantu, Steve Bandoma, Alain Mwilambwe se crée le groupe librisme synergie.
La liberté d’esprit de ce groupe m’amène à travailler sur plusieurs supports et à échanger des connaissances artistiques dans le cadre bâti sur le besoin d’innovation et de recherche.
6- Espace Akhenaton (2002)
C’est Francis Mampuya qui me parle de la nécessité de me rendre à l’espace Akhenaton où il allait souvent visité le critique d’art Célestin Badibanga le propriétaire du centre culturel qui s’est érigé en une sorte de contrepoids à l’enseignement trop classique dispensé par l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, l’espace Akhenaton conduit et soutient les initiatives innovantes chez les jeunes libristes rejetés par la tradition de la « grande école »et défend leur attitude jusqu’au sein de l’Académie lors d’une conférence .
Lieu de rencontre attiré des artistes libristes, l’espace Akhenaton devient le point de ralliement de l’art en marge et des initiatives risquées. J’y découvre les œuvres d’artistes qui comme moi sont épris d’une expression sincère d’eux- mêmes, sans concession. Après un long débat sur mon travail, le critique d’art va me demander d’apporter l’une des mes œuvres récente, et c’était au même moment que je peignais sur les différents supports tels que les tôles, bois et pierres qui va donner naissance au genre que j’ai nommé « Rendisme »Cela m’encourage et me conforte dans ma démarche.
7- La critique d’art
« La critique est aisé, l’art est difficile « dit-on, mais s’ouvrir à la critique est encore plus difficile.
J’accepte aujourd’hui plus volontiers que par le passé qu’un critique souligne les liens qu’il perçoit entre mon œuvre et celle d’autres artistes- de toute façon on ne vient jamais de nulle part ! – ou qu’il puisse juger un peu sincèrement ma scénographie. C’est le cas du critique d’art Olivier Musangi Ntemo qui a estimé que lors de mon exposition à la salle de L’institut des Musées Nationaux de Kinshasa (Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, 2006)je distrayais inutilement l’attention du public avec mes collages de journaux au sol.
Il est possible qu’il ne comprenait pas exactement le sens de cette scénographie qui consistait à étaler des journaux au sol pour qu’ainsi le public marche dessus et montre comment les discours des politiques, trompeurs et dangereux, méritent qu’on les foule aux pied. Pourtant, j’arrive à me dire que j’aurais pu mieux les fixer au sol pour éviter la gêne que l’arrachement de ces journaux ont pu produire.
Le critique Badibanga ne Mwine, créateur de l’espace Akhenaton a, quant à lui, parlé du fait de mon cloisonnement à l’intérieur de l’espace géographique national. Le mérite du constat qu’il faisait a été de me faire prendre conscience de la nécessité impérative de d découvrir ce qui se faisait ailleurs, le besoin de produire un art qui soit à la mesure des enjeux du monde d’aujourd’hui.
Parmi ses conseils, il y aussi celui d’éviter d’égarer ses repères originels lors de rencontres avec l’Occident. Mais je ne perçois pas ma création en termes d’appartenance à une nation. Car l’artiste serais pour moi un esprit créatif qui anime l’être vivant.
Comment conclure un tel propos ? il est évident que des recherches plus profondes et plus précises devront être menée sur le sentier que la présente études vient de tracer ; sans le recul suffisant qu’il fut pour envisager l’ensemble de ma pratique avec plus d’attention et de finesse.
Le mérite d’un tel exercice, si minime soit-il, n’est- il pas le retour conscient vers son propre parcours, qui permet de considérer toutes les influences reçues et assumées comme un promontoire où on peut observé dans sa propre direction, l’avenir.